Grève en France : Sarkozy à la poursuite de Tatcher?
Le président français Nicolas Sarkozy a déjà indiqué qu’il ne céderait pas. A première vue, le président français s’engage sur la voie choisie par Margaret Tatcher lorsque celle-ci a engagé le bras de fer avec les syndicats des mineurs anglais lors de la grève de 1984-1985.
Son modèle et ses intentions paraissent clairs. Pour quelle issue?
Quel beau dimanche (électoral) !
Y a pas à dire, c’est un beau dimanche électoral vaudois auquel j’ai assisté aujourd’hui. Il rejoint dans ma mémoire la victoire au deuxième tour de Michel Béguelin face à Eric Rochat pour une trentaine, puis vérification faite d’une quarantaine de voix!
Félicitations également à Géraldine Savary et Luc Recordon pour leur superbe score!
La victoire est historique.
Comme l’a dit fort justement Luc Recordon, aujourd’hui c’est la victoire du front républicain.
Ce soir, je soulignerai encore que les deux candidats de la droite vaudoise ont couché sur leurs résultats (déjà décevants) du premier tour. En effet, au premier tour, Charles Favre obtenait le 39.54% des suffrages avec 65′439 voix et Guy Parmelin le 39.39& des suffrages avec 65′186 voix. Aujourd’hui, ils obtiennent respectivement 40,17% (62′116 voix) et 40.16% (62′092 voix).
Déjà à l’issue du premier tour, Charles Favre s’étonnait de l’écart en pourcentage entre le total des listes de droites au Conseil national et le pourcentage des voix obtenu par le ticket de la droite aux Etats. Les conséquences n’ont guère été analysées, car en fait, dès le premier tour, les candidats de droite avaient fait le plein des suffrages possibles en raison notamment de leur positionnement extrêmement droitier (voir smartvote.ch).
Aujourd’hui, la simple dynamique de la liste commune de la gauche et des Verts suffisait à battre ce tandem. A cette défaite prévisible s’est ajoutée l’humiliation du report de l’ensemble des voix centristes sur le ticket Savary/Recordon. Ce fameux et réjouissant front républicain.
La course vers l’UDC dans le canton de Vaud (et je l’espère à terme ailleurs) ne peut donc conduire qu’à un suicide politique pour la droite vaudoise. A méditer.
Quand la neige revient et que Joni Mitchell apparaît…
Avec l’hiver, c’est le temps de se blottir vers la cheminée et de se laisser bercer d’une pointe de tendre nostalgie.
On sonne à la porte. Qui vient? Que nous apporte-t-il ou elle?
Quelques bûches dans la cheminée, un bon verre de vin, une guitare pour l’invité-e. Voilà la soirée lancée avec une première chanson tout en douceur:
Encore chère Joni, please, please…
Thank you. Mais je me permets d’insister. Les braises ne sont pas encore toutes éteintes. La soirée est à peine emmanchée. Et votre présence si rare… La première fois que j’ai entendu parler de vous, c’est lors des adieux de The Band (The Last Waltz):
Plus tard, j’ai appris que lorsque j’écoutais Neil Diamond, c’était vous aussi que j’écoutais:
Je viens d’apprendre votre retour avec un récent album (Shine 2007). Pour notre plus grand bonheur, vous avez une nouvelle fois laissé vos pinceaux pour nous apporter le bonjour :
On se rappelle alors son dernier été au chaud devant la cheminée:
One Week Last Summer (2007) Joni Mitchell Copyright © 2007 Crazy Crow Music
I stepped outside of my little house and stood barefoot on a rock. The pacific ocean rolled towards me. Across the bay, a family of seals sprawled on the kelp uncovered by the low tide. A blue heron honked overhead. All around the house the wild roses were blooming. The air smelled sweet and salty and loud with crows and bees. My house was clean. I had food in the fridge for a week. I sat outside ’til the sun went down.
That night the piano beckoned for the first time in ten years. My fingers found these patterns which express what words could not. This song poured out while a brown bear rummaged through my garbage cans.
The song has seven verses constructed for the days of that happy week. On Thursday the bear arrives.
N’hésitez pas à revenir. A toute saison! Nous vous attendons.
PS : et permettez-moi avec quatre jours de retard de vous souhaiter un bon anniversaire.
Jeux de l’humanité (Musée suisse du Jeu)

L’ouvrage Jeu de l”humanité et Ulrich Schaedler (directeur du Musée suisse du Jeu) ©24Heures
Cet ouvrage est un petit miracle comme le musée lui-même qui a démarré il y a vingt ans avec une table, une chaise et un téléphone. Ce musée qui aujourd’hui, grâce au travail acharné de l’équipe du musée et de son directeur, est devenu LA référence européenne dans le domaine muséal du jeu sous l’angle de son histoire culturelle. Ce même musée qui réussit notamment grâce au carnet d’adresse de son directeur, Ulrich Schädler, à réunir une brochette d’auteurs et spécialistes internationaux du jeux sous ses multiples formes. Quinze contributions et contributeurs venus du Japon, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne (Britsh Museum) de France (du Musée du Louvre notamment), d’Allemagne ou de Suisse agrémentent ainsi l’ouvrage de leur savoir.

Tourniquet (collection du Musée suisse du Jeu)
Demain est déjà un autre jour, mais si vous cherchez une idée de cadeau pour Noël qui fera plaisir à vos proches, je suis sûr que ce livre ne manquera pas de les faire rêver et vous avec. Les personnes présentes hier soir l’ont bien compris. Vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies au prix de frs 59.-.
“Le racisme a besoin d’ignorance pour s’incruster”
Merci aussi à Pascal Blanchard, historien et chercheur associé au CNRS de Marseille, et à ses explications claires et limpides.
Décidément la bêtise et la méchanceté humaine (et celle des Européens dans le cas présent) et sans limite.
Roy Rosenzweig (1950—2007)

Roy Rosenzweig (1950—2007)
Parmi ses travaux, il faut noter
- la réalisation d’un CD-Rom sur l’histoire américaine en deux volumes “Who built america ?” (volume 1 et volume 2).
- le co-fondateur en 1994 du Center for History and New Media.
- de supports de cours sur le web en relation notamment avec l’histoire américaine (History Matters. The U.S. survey course on the web) ou de l’histoire mondiale (World History Matters)
- d’un guide pour les étudiants et chercheurs en histoire des ressources digitales (Digital History: A Guide to Gathering, Preserving, And Presenting the Past on the Web) dont le titre résume bien les préoccupations et les orientations du travail de Reosenzweig.
- plusieurs essais en relation avec le travail de l’historien à l’ère des ressources digitales dont un récent article “Can History be Open Source? Wikipedia and the Future of the Past” [traduction en français par Clioweb, voir aussi notre billet Sur Wikipedia et l’Histoire (Clioweb et Rosenzweig)]. Ce dernier article souligne aussi son intérêt constant pour l’enseignement de l’histoire à l’ère digitale.
- d’une banque de données digitales regroupant les ressources les plus diverses en relation avec les attentats du 11 septembre 2001 (The September 11 Digital Archive).
Son champ d’actions et de recherches était fort large puisqu’il englobe autant des considérations sur la conservation du passé à l’ère digitale (questions archivistiques), que sur leur utilisation dans la construction de l’histoire (questions historiques) ou que sur la formation historique des élèves (questions éducatives). Mais, il était avant tout un militant pour un accès libre à la connaissance historique sur le web. Il est décédé début octobre d’un cancer des poumons.
Liens:
• Roy Rosenzweig: Everyone a Historian
• La notice de l’American Historical Association
• Remembering Roy Rosenzweig de Dan Cohen (co-directeur avec Rosenzweig du Center for History and New Media)
• Digital Historian Roy A. Rosenzweig du Washington Post
• Bibliographie de ses principaux travaux (curriculum vitae)
• Ses livres sur Amazon (US)
L’émission “Le Grand Débat” (TSR) a-t-elle été bidouillée?
Ainsi, les sujets mis en avant lors du sondage par les internautes par la TSR et en relation avec la famille n’étant pas assez “sexy” pour les responsables de l’émission, ces derniers auraient “repêché” un thème plus “vendeur” en terme d’audience : «Religions : interdire la construction de minarets ?»
Dès lors, Alain Hubler a pris l’excellente initiative de poser trois questions à Gilles Marchand pour en avoir le coeur net. Vous pouvez les lire sur son blog ainsi que l’extrait de la “La Soupe est pleine”. Je me réjouis d’y lire également les réponses de notre chaîne nationale…
A chaque élection, la même ritournelle (débile)…
La ritournelle principale concerne le positionnement du Parti socialiste : social-démocrate ou syndicaliste?* Cette ritournelle se décline sous diverses formes. D’un côté, il serait ringard dans son discours de gauche syndical et ne correspondrait alors plus aux attentes de son électorat actuel. De l’autre, en étant social-démocrate, il serait alors moderne. Cette ritournelle fait partie de l’Internationale des médias juke-box.
Un nouvel acte de cette comédie musicale se rejoue depuis les mauvais résultats socialistes de ce dernier dimanche électoral helvétique. Dans un contexte un peu nouveau puisque, de plus en plus, l’art du politique en Suisse et en Europe se conjugue sur l’air de la scansion hypnotique de slogans réducteurs répétés à l’infini par des derviches tourneurs!**
D’ailleurs, certains socialistes rendent généralement bien service au monde médiatique en s’épanchant bruyamment sur le sujet. Cette fois-ci, c’est le frais élu bâlois Claude Janiak qui a ressorti un remix à la soupe bâloise.
Heureusement quelques camarades y ont fort bien répondu et, à mon avis, clairement en indiquant la vacuité d’un tel débat. Il serait donc plus que temps, à mon avis, de ne ressortir ce scopitone uniquement lors des commémorations du cinquantième anniversaire de la disparition de l’émission Discorama de la regrettée Denise Glaser pour y porter un regard incrédule, ému et légèrement nostalgique!***
Je me permets de rapporter ces propos de camarades.
D’abord, il y a Pierre Bonhôte, interrogé par un journaliste du Temps qui lui demande où il se situe dans ce PSS (Parti socialiste suisse) partagé entre son aile syndicale et son aile moderniste. Ce dernier répond alors
- Il ne faut pas choisir une ligne pour en abandonner une autre. S’il faut être clair sur la justice sociale et la fiscalité, cela n’empêche pas d’élargir le champ de nos préoccupations.
Ensuite dans le même journal, René Longuet, maire de la commune populaire d’Onex et ancien conseiller national, répond enfonce le clou :
- Le PS est le parti de la justice sociale, qui se bat pour l’équité et l’égalité des chances. […] Nous sommes là pour cadrer la dynamique économique par des exigences sociales et écologiques. Notre électorat est diversifié; c’est une richesse. Sur le terrain, nous devons dire aux gens que nous défendons à la fois le développement durable et la sécurité sociale. Le destin du monde et celui des petites gens. Ce n’est pas contradictoire.
Et il n’est pas contradictoire de défendre les classes populaires alors que notre électorat s’est élargi du côté des classes moyennes supérieures. C’est Christian Levrat sur son blog qui nous le rappelle telle que je ne pourrais pas mieux le dire:
Le PS ne doit pas oublier d’où il vient et qui il défend: les salariés.
Le PS ne doit pas non plus oublier ceci: si de nombreuses personnes de la classe moyenne supérieure de la population votent PS aux élections fédérales, ce n’est pas parce que le PS est le meilleur défenseur de cette classe, mais parce que cette classe souscrit à la justice sociale et veut un PS fort qui s’occupe des classes moins favorisées qu’elle. Et si, dans les grandes villes alémaniques notamment, le PS a perdu une part importante de cet électorat moyen supérieur, c’est parce que le PS y a commis l’erreur de ne vouloir s’occuper que de lui et de délaisser ses thèmes traditionnels.
La classe moyenne supérieure qui se soucie avant tout de son propre intérêt vote à droite. La classe moyenne supérieure que se soucie avant tout d’écologie vote et votera toujours davantage pour les Verts. La classe moyenne supérieure qui se soucie avant de justice sociale vote PS, mais à la condition que le PS soit la voix de la justice sociale.
Je m’y reconnais totalement, car effectivement ma situation personnelle se rapproche de celle de cette classe moyenne supérieure. En effet, je suis un enfant de cette formidable époque —que certains considèrent comme une utopie néfaste et veulent détruire—où a été mise en place la démocratisation des études. Pour la première fois, depuis la révolution industrielle, les fils et les filles de la classe ouvrière ont réellement pu entreprendre des études universitaires longues**** et bénéficier en tant que groupe social —et non plus comme individu isolé— d’une certaine mobilité sociale sans pour autant renier ou oublier leurs origines familiales modestes et ouvrières.
Le mot de la fin, je le laisse volontiers à un visiteur commentant le billet de Christian Levrat. Celui-ci (Patrick) répond définitivement à tous ceux qui exigent que le PS se distancie des syndicats:
Allez demander aux élus UDC s’ils se distancient des paysans… Aucun ne serait assez fou pour le faire!
A aucun moment, je ne souhaite oublier d’où je viens et ce que je dois, nous devons, à ceux qui par leur acharnement et leurs luttes me, nous permettre de bénéficier de plus de justice sociale, de bien-être et de prospérité. Merci, respect et honneur à eux. A nous de poursuivre.
* La deuxième ritournelle consiste à savoir si le Parti socialiste doit rester ou non représenté au sein du Conseil fédéral. Ne vous en faites pas elle va bientôt ressortir dans les iPolitiques Stores helvétiques!
** Les derviches tourneurs sont connus pour les célèbres danses appelées Sema. Ils forment d’énormes toupies, tournant d’abord lentement puis très rapidement, jusqu’à une forme de transe, déployant leurs bras, la paume de la main droite dirigée vers le ciel pour recueillir la grâce d’Allah, celle de la main gauche dirigée vers la terre pour l’y répandre. L’origine de cette manifestation reste mystérieuse. Source : Wikipedia.
*** Le Scopitone est un jukebox associant l’image au son. Il fut créé en France en 1960 par la société Cameca et mis au point par Frédéric Mathieu, un ingénieur. Le mot Scopitone décrit parfois aussi les films eux-mêmes. Discorama était une émission de télévision musicale et culturelle française créée et présentée par Denise Glaser, et diffusée chaque dimanche à midi du 4 février 1959 jusqu’au 5 janvier 1975 sur la première chaîne de la RTF puis de l’ORTF. Sources : Wikipedia aux articles Scopitone et Discorama.
**** Chose impensable pour mon oncle (de la génération précédente) qui, après le collège, est parti non pas au Gymnase, puis à l’Université, mais à l’Ecole des métiers, fort bonne école au demeurant.
Sarkozy commente la victoire de Christoph Blocher
“La victoire de Blocher est l’équivalent de celle de Haider en Autriche. Mais la Suisse n’est pas l’Autriche : les bobos de Saint-Germain-des-Près y ont des comptes bancaires. D’où une émotion en sourdine”.
Citation de Nicolas Sarkozy reprise par Le Canard Enchaîné du 24 octobre 2007
Quid du Parti socialiste suisse après les Fédérales 2007?
Dans un premier temps, je me dois de m’arrêter sur l’échec de la gauche et plus particulièrement du Parti socialiste suisse lors de ces élections.
La faiblesse structurelle de la gauche en Suisse
Indépendamment de cette élection, une des données de base réside dans la faiblesse structurelle de la gauche en Suisse qui ne dépasse que de peu les 30% de la représentation nationale. Au lendemain de ces élections, le bloc du PS et des Verts représentent le même nombre de siège au Conseil national que la seule UDC.
Cette situation devient très difficile à partir du moment où la droite se recompose autour d’un parti populiste, classifié à d’extrême-droite y compris par les Etats-Unis. Dès l’élection de Christoph Blocher en 2003, il était évident qu’il devenait plus que jamais impératif au terme de cette législature 2003-2007 que la gauche et les Verts puissent progresser pour se rapprocher le plus possible des 40%.
Deux conditions à cela :
- que le PS progresse ou se maintienne relativement à un électorat populaire fragilisé et inquiet, tenté par le vote UDC;
- que les Verts (Sans les Verts libéraux, ni Ecologie libérale.) séduisent aussi un électorat de centre droit qui ne voterait que difficilement pour le PS pour des raisons sociologiques.
Or, il faut bien constater que ces deux conditions n’ont pas été réunies en 2007, ni par le PS, ni par les Verts, ceci malgré la progression de ces derniers. En effet, la progression des Verts a permis de limiter les dégâts socialistes en récupérant une partie d’un électorat déboussolé par l’attitude erratique du PSS (une fois pour l’éviction de Blocher, une autre pour un deuxième PDC au lieu d’un radical, etc.) et son manque de lisibilité programmatique autour de deux/trois idées fortes.
Ce résultat est différent de celui de 2003 puisque, cette année-là, la progression des Verts permettait à l’ensemble des forces de la gauche et des Verts de progresser au détriment de la droite ce qui faisait de la gauche et des Verts les “vrais” vainqueurs de ce scrutin, car la progression de l’UDC marquait fondamentalement une étape dans la recomposition de la droite suisse.
A première vue, le canton de Vaud fait légèrement exception puisque les gains des Verts sont supérieurs aux pertes de l’extrême-gauche. Dans le même temps, les Socialistes vaudois* réussissent à progresser légèrement malgré la campagne calamiteuse du Parti socialiste suisse. Il est aussi à noter que dans le canton de Vaud, les Verts sont positionnés à la droite du Parti socialiste alors qu’en Suisse alémanique notamment, c’est l’inverse. En outre, cela n’empêche pas le score important d’Ecologie libérale (3,7%).
Quel positionnement du Parti socialiste suisse?
Les élections de cet automne ont démontré toute la force et la nécessité d’une campagne nationale autour d’une figure de proue, visible en Suisse alémanique, et articulée sur deux/trois idées programmatique fortes.
Aujourd’hui, seuls l’UDC et les Verts disposent d’un thème fort à valeur nationale. Seule l’UDC et le PDC ont articulé leur campagne autour d’une pour l’UDC, deux pour le PDC, figure(s) de proue.
Cela est certes réducteur, mais une donnée importante à prendre en compte.
Sur le plan programmatique, d’autant plus que l’extrême-gauche est en voie de disparition sur l’échiquier politique suisse, il est indispensable que le Parti socialiste suisse articule son programme pour apporter des réponses aux classes populaires et axe —au moins— une idée forte basée sur les questions sociales. Un autre axe important doit être défini relativement aux questions relatives à la Suisse urbaine, car les résultats de ce week-end offrent aussi très clairement la polarité d’un affrontement toujours renouvelé entre villes et campagnes.**
Ou la chatte a mal au pied pour le Parti socialiste suisse, c’est qu’il est traversé par un clivage entre les perceptions de la Suisse alémanique et de la Suisse romande. Si la question sociale concernant les classes populaires n’arrive pas à s’imposer au niveau du Parti socialiste suisse, il deviendra impératif pour les Socialistes romands d’imaginer leur propre campagne des Fédérales pour éviter d’être engloutis à leur tour à l’image des Socialistes zurichois…
Des conseillers fédéraux socialistes trop similaires sociologiquement?
Pour répondre aux attentes et aux angoisses d’un électorat populaire déboussolé, il serait plus que nécessaire qu’un des deux conseillers fédéraux socialistes parle leur langage. Or, force est de constater, que ni Micheline Calmy-Rey***, ni Moritz Leuenberger ne satisfont à ce critère. Il apparaîtrait même fondamental qu’il s’agisse du conseiller fédéral de la partie Suisse alémanique qui appartiennent à cette tendance. En effet, en terre romande, ce langage est notamment relayé par Pierre-Yves Maillard, formant ainsi un tandem complémentaire et intéressant avec Micheline Calmy-Rey.
Il est important que les socialistes suisse-alémaniques retrouvent leur Willy Ritschard ou un Otto Stich.****
Le tandem, représenté par Pierre-Yves Maillard et Micheline Calmy-Rey en Suisse romande, offre peut-être la version d’un plan B pour le PSS avec un tandem comparable en Suisse alémanique qui associerait le versant populaire et social au versant urbain au travers de deux personnalités : l’un-e des deux étant Conseiller/ère fédéral-e, l’autre la/le président-e du Parti suisse.
Si le parti socialiste n’arrive pas à incarner au sein du Conseil fédéral l’opposition à la droite pour le moins xénophobe et ultra-libérale, sa participation au sein du Conseil fédéral n’a aucun sens ni pour lui-même (et les forces progressistes), ni pour la Suisse. La preuve en est désormais faite depuis 2003.*****
A suivre…
*(A ce sujet, je me permets de souligner les excellents résultats tant d’Eric Voruz que d’Ada Marra, représentants de la tendance syndicale et combative du Parti socialiste vaudois.)
** (Ainsi, je vous invite instamment à lire l’article Elections fédérales à Fribourg: un Sonderfall face au reste du pays? de Domaine public.)
*** (Au contraire de Ruth Dreifuss.)
**** (Par ailleurs, le style des deux conseillers fédéraux n’a guère fait d’eux les principales figures de l’opposition à Christoph Blocher au sein du Conseil fédéral. )
***** (Malheureusement, contrairement à l’UDC, le Parti socialiste suisse n’a pas conçu de plan B hors Conseil fédéral… malgré ses engagements de 2003.)

